Rêve fumeux
J'ai toujours rêvé d'apprendre l'accordéon disait Richard Galliano dans mon rêve. Il répondait à Cidrolin, le bien nommé qui aimait le cidre et se vêtait de lin. Je saluais Richard Galliano et le félicitais pour son dernier disque.
Plus tard, je me voyais circulant dans un couloir, passant devant des portes de verres au travers desquelles je voyais des femmes allongées, prêtes à accoucher. Cela me plongeait dans un spleen infernal : mais pourquoi donc regrouper toutes ces femmes et les allonger ? Pourquoi ne pas les laisser se promener, prendre du temps seule, laisser leur bébé descendre sans les obliger à se mettre sur le dos ?
Et puis s'inscrivait 1848 sur la dernière porte : une belle porte d'entrée en bois peinte en rouge carmin, au heurtoir sculpté en forme de Prométhée, que je n'osais toucher, préférant l'admirer.
Allais-je passer la porte du temps? Revenir en arrière ?
Nous étions en 2009 après tout...
Non, je préférais rebrousser chemin.
Je devais reformater mes huit disques durs pour me replonger dans le monde. Et enfin je devais chercher un amoureux.
C'est alors que Richard Galliano m'a dit de frotter ma lampe pour que le génie en sorte et me dise, environné de fumée : Je vous aime !