Je vous aime, bancs publics. Je vous aime, parce que les petits oiseaux viennent picorer les miettes sous vos traverses écartées, que sur vous, les amoureux viennent se bécoter, les sans abri s' allonger et les vieux se reposer. Je vous aime, parce que dans les grandes villes, vous êtes à vous seuls l'espoir d'une pause, d'un soupir, d'un petit silence - vous êtes la petite cantate des rues assourdissantes... Je vous aime, parce qu'à chaque Saint Valentin, en mémoire de toutes mes amours perdues , je choisis l'un d'entre vous, si possible près d'une touffe de perce-neige et à l'ombre d'un chêne, et je pense à Georges Brassens, à l'amour et au printemps...

Et même si je viens seule m'asseoir sur toi, Banc Public, il me suffit de fermer les yeux et hop ! Me voici bien à l'abri des regards obliques...