Je vous aime et....
Ce poème fait comme je te parle. Non ! ce poème fait comme tu me parles. Oui ! comme tu me parles dans mon écriture qui appelle. Sait-elle qui ? Je sais que c’est toi mais tu me fais autre et alors je monologue autant de « tu » que tu me multiplies. Oui ! ce poème fait comme nous nous parlons. Je fais silence ou je suis volubile. Tu es le silence de ma volubilité et je suis volubile avec tes silences. Tu attends que je te dise et tu parles d’autre chose pour que j’entende. Nous nous parlons par-dessus tout ça sans nous entendre toujours. Oui ! nous nous entendons parfois. J’élève la voix et je me tais. Tu viens et tu pars. Tu demandes sans rien dire et tu appelles sans cesse mon nom. Je l’entends loin, très loin de moi. Mais plus tu appelles, plus il s’approche. Il me pénètre. Tu m’envahis de mon nom. Il ne m’appartient plus. Il m’envahit de toi, de ton souffle. Mon nom me traverse plein de toi. Oui ! mon nom est ton appel. Nous nous comprenons par-dessus tout ça sans nous entendre toujours. Oui ! nous nous entendons souvent. Ce poème nous fait. Non ! tu me fais ce poème comme je t’écris et je te fais ce poème comme tu me parles. Ce poème nous fait parler. Non ! ce poème nous parle puisque nous nous entendons très loin. Ce poème nous fait très proches. Nous venons dans ce qu’il nous fait. Nous nous faisons tout entier dans sa venue incessante. Nous nous emmêlons dans son inaccomplissement. Oui ! il ne peut cesser tout pendant qu’il nous cherche. Non ! je te réponds dans son recommencement. Tu m’appelles dans sa voix infinie.